Rubrique Rétro – Thoan, les faiseurs d’univers

couverture

Pour cette Rubrique Retro, nous partons en 1995 avec Thoan, chez Jeux Descartes.

 

C’est avec une pointe de nostalgie que je sors Thoan de la bibliothèque. « Thoan, les faiseurs d’univers », rien que le titre fait rêver, non? Sorti il y a vingt ans, ce magnifique jeu d’exploration, avec son univers très contrasté et coloré, est pour moi un des meilleurs jeu de la période faste des années 90.

Thoan est basé sur la série de romans « La saga des hommes dieux », par Philip José Farmer (« World of Tiers » en anglais, sortis pour la série principale dans les 60’s-70’s). Les romans sont typiques de l’époque, avec un mélange de fantasy, de technologie, d’humains aux pouvoirs quasi-divins et de sexe (on pense à Ambre ou à Dune). L’intérêt principal de cette série réside surtout dans l’idée de base de l’univers, car celle-ci permet des développements infinis. Les seigneurs (ou Thoans), des humains venus d’on ne sait où, maîtrisent la technologie au point d’être capables de créer des mondes. Accessibles par des portails, ces univers privés peuvent être de tailles variables, avoir des lois physiques différentes, abriter des races variées (toutes crées par les seigneurs pour leur propre plaisir) … Bref comme je vous le disais, les possibilités sont énormes.


dryadeParmi les mondes thoans, le jeu de rôle développe principalement celui du « monde à étages ». Imaginez une sorte de gâteau géant, succession de galettes de plus en plus petites, empilées les unes sur les autres, chaque niveau étant séparé du suivant par une falaise de plusieurs kilomètres de haut. A chaque étage des civilisations différentes cohabitent. Le premier niveau, Okéanos, est un paradis peuplé de créatures issues de la mythologie grecque: centaures, dryades, faunes, satyres, silènes, sirènes et tritons. A celles-ci s’ajoute le zébrille, gorille à la fourrure zébrée, qui se tape des dryades sveltes, aux grands yeux et à la poitrine sur-dimensionnée (c’est une constante pour tous les personnages féminins à vrai dire). Tout se petit monde s’ébat gaiement du matin au soir et tout ce qu’il faut pour se nourrir pousse sur les arbres, y compris l’alcool. Au niveau suivant, Amérindia, on rigole déjà moins. On y trouve de nombreuses tribus plus ou moins nomades (équivalent des indiens d’Amérique du Nord), une civilisation de type olmèque (les Tishquetmoacs) ainsi que des Barbes Rouges (Vikings en gros). La faune y est moins accueillante avec ses tigres à dents de sabre, ses mammouths et autres hommes-chevaux bien belliqueux. indienEn montant d’un cran on passe à Dracheland, là c’est le moyen-âge avec de bons gros chevaliers teutoniques en armure, qui ne pensent qu’à latter leurs alter-ego Yidshes et Sarrasins (avec au milieu les Khamshems qui n’ont rien demandé à personne). La nature y est encore un poil plus hostile et les dragons suffisamment abondant pour qu’il en existe carrément des chasses organisées. L’avant dernier étage, Atlantide, est une vrai jungle amazonienne, avec tous les risques inhérents à ce type d’environnement. Ce niveau est de surcroît régulièrement balayé par des tempêtes. Il est peuplé par des atlantes, des amazones (toutes aussi jolies que les dryades mais nettement plus létales), des négroïdes (type tribus africaines) et des anthropoïdes (à mi-chemin entre l’homme et le singe). Tous ces niveaux sont surplombés par le palais du seigneur, évidemment inaccessible (il faut bien un peu de challenge pour les Pjs) et bardé de technologie.

gworlEtant tous plus ou moins pervers et paranoïaques, les seigneurs, en sus de créer des mondes et des créatures pour leur seul plaisir, s’amusent à pourrir les univers des petits copains. Ainsi le monde à étage n’est plus dirigé par son créateur, Jadawin, mais par le grand méchant Arwoor qui vient un peu plomber l’ambiance avec ses monstres personnels (les Gworls) et les Yeux du Seigneur (sorte de corbeau servant à la surveillance).

Thoan, avec son patchwork de cultures différentes, à la technologie plus ou moins avancée, offre une palette d’aventures variées. Les personnages peuvent explorer le monde à étage ou rester sur leur plateau et se retrouver impliqués dans tous les types d’intrigues que l’on retrouve habituellement dans les mondes médiéval-fantastiques (la magie en moins, même si quelques rares artefacts technologiques peuvent parfois s’y substituer). Avec un MJ inventif (et à l’aide des romans), les personnages peuvent également partir explorer d’autres univers thoans (dont la Terre …).

arwoorLe livre de base de Thoan est très complet (belle bête de plus de 400 pages). Outre les sections habituelles de background (très développé, étage par étage), de règles et de création de personnages, le livre contient aussi un bestiaire, une aventure d’introduction dont vous êtes le héros, un résumé des romans, 3 scénarios … etc. Ce livre promettait de nombreux suppléments, malheureusement l’aventure éditoriale s’est arrêtée un peu trop tôt. Le livre de base a cependant été complété par un écran (avec scénario) et par une campagne (Arwoor et la chute d’Arwoor) destinée à faire parcourir l’ensemble du monde à étage aux PJs.

ecran

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